Lors d'un séjour en altitude on risque de souffrir du M.A.M. ( Mal Aigu des Montagnes ) qui est dû au manque d'oxygène ( hypoxie ).
C'est un syndrome de souffrance qui apparaît quand on monte en altitude sans avoir pris la précaution de s'acclimater. L'environnement hypoxique est le seul environnement particulier pour lequel l'homme développe un éventail de mécanismes d'adaptation.
Pour limiter au maximum les effets indésirables il ne faut pas monter trop haut trop vite, il est comme pour la plongée sous-marine, nécessaire d'observer des palliers lors de l'ascension, et de dormir à une altitude plus basse que le maximum atteint dans la journée.
Chaque individu est différent et selon les cas certaines personnes se sentiront mal dès 2500 mètres alors que d'autres atteindront des altitudes supérieures sans soucis.
Les symptômes sont dans 80 % des cas des céphalées souvent accompagnées de nausées. Contre les maux de tête on peut adopter un rythme de respiration lent et profond ce qui peut les limiter. On remarque aussi une fatigue générale, une perte d'appétit avec un écoeurement des aliments gras, un essoufflement ( même au repos ), une augmentation du rythme cardiaque, des troubles du sommeil avec des troubles de l'onirisme parfois, une envie de dormir sans y parvenir, des quintes de toux, des troubles de la vue. Pour les cas plus graves on note l'apparition de vomissements ainsi qu'une diminution des urines.
Dès l'apparition de ces symptômes une seule solution : redescendre. Descendre de 500 mètres doit être suffisant.
En général les premiers symptômes apparaissent vers 3000 mètres après un délai de 4 à 8 heures. On observe une régression des signes après 48 heures. Cela touche 15 % des personnes à 2000 mètres et 60 % à 4000 mètres
Ce syndrome touche n'importe qui, y compris des sportifs de haut niveau très entraînés, on n'observe aucune différence entre les sportifs et les non-sportifs. Et sur un même individu, une année ça va passer sans problème et l'année suivante on sera malade à en crever. Toutefois les enfants sembleraient y être moins sensibles.
Il n'existe pas 50 000 remèdes. L'acclimatation reste la meilleure des préventions. Monter par pallier de 500 mètres à partir de 3500 mètres. Sinon la redescente demeure la meilleure solution en cas de problème, les symptômes disparaissent alors totalement.
Avec des altitudes comme dans les Alpes une bonne acclimatation prend une petite semaine, alors que dans l'Himalaya cela peut prendre plusieurs semaines. Mais les altitudes ne sont pas les mêmes...
Une fois là-haut perché on peut limiter les dégâts en buvant beaucoup ( jusqu'à ce que les urines redeviennent prersque totalement claires ).
On se déshydrate très rapidement en altitude car l'air y est très sec, à chaque expiration notre organisme perd de l'eau, il ne faut donc pas hésiter à boire 3 ou 4 litres par jours. En fait un se déshydrate par les poumons. Pour une meilleure assimilation il est préférable de boire souvent en petites quantités plutôt que par séries de demi-litre. Mais s'il est indispensable de boire beaucoup c'est aussi parce que cela aide à fluidifier le sang.
On peut également prendre des repas plus fréquents et plus légers, pour limiter la fatigue engendrée par la digestion.
Il ne faut pas rester trop haut trop longtemps, et éviter les efforts violents. L'exercice modéré est préférable au repos au lit, par exemple on peut marcher lentement.
Il faut manger un peu plus riche en glucides ( sucres ), de toute façon on a souvent un sentiment d'écoeurement face au gras.
Une des choses essentielles est de ne pas partir en altitude avec des carences en fer. On peut un mois avant le départ faire une cure de Tardiféron associé à de la vitamine B9 ( acide folique ), le fer aidant au transport de l'oxygène dans le sang. Certains diront que partir en ayant pris des médicaments c'est de la triche mais on ne peut toutefois pas parler de doping avec une cure de fer.
Sinon à défaut de médicaments on peut modifier son alimentation en mangeant plus d'aliments riches en fer comme : le boudin noir, le fois de veau, toutes viandes rouge ( des aliments qui contiennent du sang en fait ! ), mais également les noix, les figues, les moules, les lentilles et le persil.
Pour augmenter l’assimilation du fer prendre une vitamine C à la fin du repas de midi ( ou un fruit du style orange, kiwi ). Les tomates et les brocolis sont également très riches en vitamine C.
Le danger vient du fait que souvent on refuse d'admettre les symptômes, pris par la fièvre de l'expédition préparée depuis longtemps, l'exhaltation de se retrouver en un endroit donc on rêve depuis plusieurs semaines... Il faut donc être attentif, bien surveiller les réctions de son organismes. Et puis l'alpiniste est fier... Et il ressent souvent une certaine honte à avouer qu'il souffre de l'altitude. De plus souvent on met cet inconfort, ce mal être sur le compte de la mauvaise alimentation, du manque de confort dans le campement, de la fatigue et du froid.
Si on n'y prend pas garde, qu'on néglige les symptômes en insistant, on risque de faire un oedème pulmonaire, puis un oedème cérébral, arrive ensuite le coma puis la mort.
Les effets de l'altitude sont assez étranges : on a vu des alpinistes perdre tout dicernement, toute sensation, et donc commencer à avoir une sensation de chaleur alors qu'ils sont en train de geler sur place, et se dévêtir. On en a vu d'autres courir au hasard, se jeter dans le vide ! Il faut éviter de rester immobile, et en cas de gros problème ( obligé de dormi dehors si la tente a été arrachée par le vent ) il faut éviter de s'endormir.
La teneur en oxygène est proportionnellement la même au niveau de la mer qu'au sommet de l'Everest, soit environ 20 %. Mais la pression atmosphérique est plus faible en altitude, il y a donc moins d'air, donc moins d'oxygène. Au sommet du Mont Blanc à 4807 mètres l'alpiniste n'a plus que 70 % de ses capacités du niveau de la mer, et au niveau du sommet de l'Everest on chûte en-dessous de 20 %.
A partir 7500 mètres on entre dans ce qu'on appelle " la zone de la mort ". Ici l'organisme se détériore plus vite qu'il ne s'acclimate. Et d'un manière générale l'homme n'est pas fait pour vivre de manière prolongée au-delà de 5500 mètres d'altitude.
Le danger en haute altitude n'est pas uniquement limité au mal aigu des montagnes. Le froid peut lui aussi faire pas mal de dégâts. Il peut créer des engelures qui sont dûes à une mauvaise hydratation liée à une fatigue excessive. Les membres les plus vulnérables sont les extrémités comme les doigts, les orteils, les oreilles... Pour un début d'engelure au niveau des doigts par exemple on remarque d'abord que les ongles noircissent, il faut agir vite. Boire chaud et se frotter les membres touchés.
Mais le pire serait une sur-engelure, il ne faut donc soigner une engelure que si on est certain que le membre soigné ne va pas regeler.
En altitude il faut aussi tenir compte du vent qui fait fortement chûter les températures ressenties. Le vent souffle parfois sous forme de jet stream ( les pilotes d'avions de ligne s'en servent pour économiser du kérozène en se laissant pousser ). Ce sont de très violents courants d'air qui arrachent tout sur leur passage, les tentes, les grimpeurs...
En haute montagne le taux de mortalité dans les expéditions est de 3 à 10 %. Et les causes sont dues le plus souvent à des accidents comme les avalanches et les chûtes dans les crevasses, plus que les oedèmes cérébraux liés au M.A.M.
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